{"id":5695,"date":"2013-08-10T13:13:02","date_gmt":"2013-08-10T18:13:02","guid":{"rendered":"http:\/\/mcturgeon.com\/blog\/?p=5695"},"modified":"2023-09-07T04:54:22","modified_gmt":"2023-09-07T09:54:22","slug":"une-epaisse-tranche-de-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/2013\/08\/10\/une-epaisse-tranche-de-vie\/","title":{"rendered":"Une \u00e9paisse tranche de vie"},"content":{"rendered":"<p>10 ao\u00fbt 2013. F\u00eate de papa. <\/p>\n<p>Je me sens incapable d&#8217;exprimer tout ce qui se passe entre mes deux oreilles. L&#8217;intensit\u00e9 de certaines exp\u00e9riences, le cancer de papa et son d\u00e9part qui, au yeux de la m\u00e9decine et de ses limites, est apparamment imminent, est telle que les mots me semblent inutiles. <\/p>\n<p>Depuis des jours, j&#8217;ai l&#8217;impression de n&#8217;\u00eatre qu&#8217;un coeur sur pattes. Un coeur bris\u00e9 qui a envie de vivre, qui essais d&#8217;avancer, qui a envie de dire oui \u00e0 la vie, et qui en m\u00eame temps se refuse \u00e0 accepter que celle de papa aura une fin.<\/p>\n<p>Tout \u00e7a est tellement fort, il y tant \u00e0 \u00e9crire sur le sujet, la t\u00e2che me semble impossible, et en m\u00eame temp n\u00e9cessaire &#8212; unpeu comme de pleurer un bon coup vous lib\u00e8re et vous permet de sourire \u00e0 nouveau. <\/p>\n<p>Il y a l&#8217;envie de tout d\u00e9baller, d&#8217;\u00e9crire le plus long texte au monde, ou de ne rien dire, et vivre tout \u00e7a dans le silence.<\/p>\n<p>Je vais \u00e9crire le plus long texte au monde.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 cette semaine, j&#8217;ai choisi de garder le silence, de me satisfaire de quelques allusions, de langage cod\u00e9 sur Facebook (#<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/mcturgeon\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">papa<\/a>), d&#8217;en parler unpeu avec 2 ou 3 amies, mais rien qui me demanderait d&#8217;aller en profondeur.<\/p>\n<p>Rien qui me forcerait \u00e0 regarder ce qu&#8217;il y a au fond du puits. Parce que ce qui s&#8217;y trouve est affolant, inacceptable, intol\u00e9rable, douloureux, monstrueux. \u00c7a se rapproche de ce que Sigourney Weaver affronte dans Alien. <\/p>\n<p>J&#8217;ai vraiment pas le go\u00fbt de faire face au monstre.<br \/>\nJuste pas envie de regarder l\u00e0.<br \/>\nVraiment pas.<\/p>\n<p>Mais le d\u00e9nis et le silence ont un prix : la d\u00e9prime, l&#8217;absence de sensations, la perte de vitalit\u00e9. \u00c7a non plus, j&#8217;ai pas vraiment envie de \u00e7a. Mieux vaut aller affronter l&#8217;affaire. \u00c7a va \u00eatre difficile, horrible, mais pas autant que de vivre avec le regret de ne pas avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente \u00e0 moi m\u00eame.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>1. Choisir un titre pour ce qui sera le plus long texte au monde. <\/p>\n<p>Une \u00e9paisse tranche de vie, parce que depuis quelques semaines, les exp\u00e9riences dans ma vie sont lourdes. Heav\u00e9. Difficiles \u00e0 dig\u00e9rer. <\/p>\n<p>Qui a envie d&#8217;entendre parler de maladie, de cancer, de mort? Le sujet suffirait \u00e0 \u00e9loigner vos amis, par peur de vous voir vous \u00e9ffondrer, d&#8217;avoir \u00e0 vous ramasser, et parce que votre d\u00e9tresse leur confirme qu&#8217;un jours ce sera leur tour, que la mort de nos parents est in\u00e9vitable. <\/p>\n<p>Et puis \u00e0 quoi bon \u00e9crire sur le sujet quand tout ce qu&#8217;on veut c&#8217;est ne pas y penser. <\/p>\n<p>Oublier. Quitte \u00e0 recommencer \u00e0 fumer des gauloises blondes, se gaver de s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9 poches, de fast-food v\u00e9g\u00e9, de vin pas bon. <\/p>\n<p>Se lancer dans la course \u00e0 pied ou le sport extr\u00eame, kicker des poubelles \u00e0 3 heures du matin, acheter un oneway pour le fin fond de l&#8217;Inde, parce que vous pensez qu&#8217;ya pas un maudit monstre qui vous suivra jusque l\u00e0bas, qu&#8217;il pr\u00e9f\u00e8rera rester dans son puits au lieu de vous suivre l\u00e0 o\u00f9 on se torche le derri\u00e8re sans papier, de la main gauche.<\/p>\n<p>S&#8217;\u00e9tourdir,<br \/>\nse droguer au caf\u00e9 pour se garder high,<br \/>\nse trouver pleins d&#8217;autres drames qui viendront s&#8217;empiler, camoufler l&#8217;id\u00e9e du d\u00e9part de papa,<br \/>\nse garder occup\u00e9e \u00e0 jongler avec ces m\u00eames drames qui permettent d&#8217;oublier ce que vous n&#8217;avez pas le courage d&#8217;affronter.<\/p>\n<p>\u00c9viter la douleure. La contourner. La refouler.<br \/>\nChanger le mal de place.<br \/>\nL&#8217;exp\u00e9dier sur Mars.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est que papa va un jour, proche ou moins proche, disons peut \u00eatre bient\u00f4t, mourir, sans l&#8217;avoir choisi. Sans que je l&#8217;ai choisis. Sans que je puisse le sauver. <\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 fort, s&#8217;est battus, d\u00e9battus. <\/p>\n<p>Il nous a fait cadeau de sa r\u00e9surection en d\u00e9cembre 2011, malgr\u00e9 le sombre prognostic d&#8217;un oncologue (qui finalement, n&#8217;est apparament m\u00eame pas oncologue certifi\u00e9, mais fait le travail comme si, faute de personnel qualifi\u00e9 \u00e0 l&#8217;hopital de Victo) qui lui donnait 2 \u00e0 3 mois au plus.<\/p>\n<p>Voir son p\u00e8re \u00e0 2 doigts de mourrir,<br \/>\nse d\u00e9battre pour d\u00e9jouer la fin,<br \/>\net, entre deux bouteilles d&#8217;ensure et de fausses patates pil\u00e9es,<br \/>\ngarder son sens de l&#8217;humour, vous raconter des histoires qui vous font rire,<br \/>\ntout \u00e7a, \u00e7a remet vos priorit\u00e9es en place. <\/p>\n<p>Priorit\u00e9 #1 : Vivre. Sans attendre. Avec urgence. Aimer la vie.<\/p>\n<p>Fuck les assurances et leur anticipation hideuse de la trag\u00e9die. Les m\u00e9dias qui nous gardent dans la peur de vivre pleinement. La retraite et la libert\u00e9 diff\u00e9r\u00e9e. Les hypoth\u00e8ques. Les fausses garanties. Les jobs vide de sens. L&#8217;illusion de la s\u00e9curit\u00e9 et son prix.<\/p>\n<p>Fuck tout ce qui nous demande de remettre notre vie \u00e0 demain.<\/p>\n<p>Il faut vivre, l\u00e0, aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, des relations familiales sont arriv\u00e9es \u00e0 leurs \u00e9ch\u00e9ances. In\u00e9vitable selon une amie, que le d\u00e9sarois de tous tourne en chicanes. <\/p>\n<p>Des relations d\u00e9j\u00e0 tendues \u00e9clatent comme un \u00e9lastique qui vous p\u00e8te en plein visage. Du coup, vous choisissez de quitter l&#8217;autoroute, histoire de ne plus vous offrir \u00e0 la critique, \u00e9viter les accidents, ne plus \u00eatre disponible pour le drame, et vous donner la permission d&#8217;emprunter votre propre chemin. <\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le chaos de la situation, la douleure et la peine vous ouvrent le coeur, vous apprenent qu&#8217;il faut aimer les gens pour ce qu&#8217;ils sont. Pas pour ce qu&#8217;ils disent, ni ce qu&#8217;ils font. <\/p>\n<p>Leur laisser la libert\u00e9 d&#8217;\u00eatre, et vous offrir la libert\u00e9 d&#8217;\u00eatre tout ce que vous d\u00e9sirez \u00eatre.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>Les 5 derni\u00e8res ann\u00e9es. La maladie de papa. Mon d\u00e9part pour la France. Des liens familiaux qui s&#8217;efritent. Le temps qui file. Mes mains que je vois vieillir. Des rides qui apparaissent. Ma propre histoire qui s&#8217;\u00e9crit. <\/p>\n<p>La conscience a\u00efgue qu&#8217;avec le d\u00e9part de papa, une partie de moi disparaitra.<\/p>\n<p>La fille de,<br \/>\nl&#8217;enfant,<br \/>\nl&#8217;ado.<\/p>\n<p>La presque adulte qui forc\u00e9ment deviendra adulte, parce qu&#8217;on est pas vraiment adulte tant qu&#8217;on a pas coup\u00e9 le cordon qui nous relis \u00e0 nos parents. Certains sont capables de le faire avant que ceux-ci disparaissents, d&#8217;autres non.<\/p>\n<p>Break free. Couper le cordon.<\/p>\n<p>S&#8217;offrir les permissions dont on a besoin pour aller l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;on veut.<\/p>\n<p>Break free des relations qui nous blessent, parce que tous ont chang\u00e9s, parce que la vie les a chang\u00e9s, parce que les croyances diff\u00e8rent.<\/p>\n<p>Se lib\u00e9rer des attentes. Choisir d&#8217;\u00eatre soi-m\u00eame, donner priorit\u00e9 \u00e0 sa voix, se choisir, se valider, m\u00eame si \u00e7a d\u00e9plait.<\/p>\n<p>Se donner le droit d&#8217;exister, d&#8217;\u00eatre autre chose que ce que les gens aimeraient qu&#8217;on soit.<\/p>\n<p>Se lib\u00e9rer des drames que notre \u00e9poque nous offre, laissers les gens patauger dans ces derniers autant qu&#8217;ils le veulent, sans plonger les rejoindres pour confirmer votre appartenance au groupe, pour ne pas \u00eatre exclue.<\/p>\n<p>Se lib\u00e9rer de la peur, cette drogue douce qui nous intoxique et nous permet de remettre nos r\u00eaves \u00e0 plus tards, ou de carr\u00e9ment les \u00e9viters.<\/p>\n<p>S&#8217;affranchir des peurs ancestrales, s&#8217;appartenir. <\/p>\n<p>Faire tout \u00e7a parce que la paix dans le monde n&#8217;est possible que si chacuns prends soins de son bonheur. Tout passe par l\u00e0, par soi. On ne peut offrir la joie que si on en fait l&#8217;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>La personne que j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 ne sera plus la m\u00eame. C&#8217;est une fin et un d\u00e9part. Une mort et une naissance. <\/p>\n<p>Il y a la nostalgie du pass\u00e9,<br \/>\nl&#8217;envie de devenir. <\/p>\n<p>Et puis, il y a les souvenirs.<\/p>\n<p>La pitchounette qui surprenait papa occup\u00e9 \u00e0 sa table \u00e0 dessin tard le soir,<br \/>\nqui allait se balader avec lui \u00e0 St-H\u00e9l\u00e8ne de Chester,<br \/>\npartageant le plaisir d&#8217;un chip&#8217;n coke et fromage en grains au d\u00e9panneur de Trottier.<\/p>\n<p>Celle qui l&#8217;accompagnait sur sa moto pour appr\u00e9cier les paysages de campagne autour des appalaches,<br \/>\net se remplir les narines d&#8217;air pur (et parfois de douces odeures de fumier),<\/p>\n<p>celle \u00e0 qui il a appris \u00e0 cadrer un paysage pour le prendre en photo,<br \/>\ncelle qu&#8217;il a inspir\u00e9 \u00e0 devenir une artiste,<br \/>\n\u00e0 faire \u00e0 sa t\u00eate, peu importe les critiques,<\/p>\n<p>celle avec qui il a partag\u00e9 son amour de la musique pop,<br \/>\ndes reel irlandais, de la musique traditionnelle qu\u00e9becoise,<\/p>\n<p>celle qui partageait son excitation le jour o\u00f9 la cassette de Thriller est arriv\u00e9e par la poste,<br \/>\ncelle \u00e0 qui il a offert son premier Walkman et son premier Double Tape enregistreur pour faire des mix,<\/p>\n<p>celle qui s&#8217;est sentie abandonn\u00e9e lorsqu&#8217;il s&#8217;est \u00e9clips\u00e9 lors d&#8217;un divorce apocalyptique,<br \/>\ncelle qu&#8217;il a vu partir et revenir maintes fois entre l&#8217;Europe et Montr\u00e9al, <\/p>\n<p>celle qui l&#8217;a eu pour p\u00e8re,<br \/>\ncelle qui sera son prolongement quand il sera partis, <\/p>\n<p>Moi.<\/p>\n<p>C&#8217;est moi qui devrai vivre avec ton souvenir pendant les 50 prochaines ann\u00e9es de ma vie,<br \/>\nc&#8217;est moi qui devrai g\u00earer mes regrets,<br \/>\nqui devrai faire des efforts pour que ton souvenir reste aussi pr\u00e9cis que possible,<br \/>\nta voix, nos discussions, nos int\u00e9rrogations communes. <\/p>\n<p>C&#8217;est toi qui de nous deux,<br \/>\naura perc\u00e9 le premier le myst\u00e8re de la vie,<br \/>\net tout les autres secrets de l&#8217;univers.<\/p>\n<p>C&#8217;est moi qui me batterai avec mes neurones pour qu&#8217;elles conservent une image claire de ton visage,<br \/>\ndu son de ta voix,<br \/>\nde tes paroles,<br \/>\nton rire,<br \/>\nde qui tu as \u00e9t\u00e9 il y a 30 ans, 20 ans, 10 ans, et au moment o\u00f9 ton d\u00e9part se rapprochait. <\/p>\n<p>Qu&#8217;est-ce que je dois faire de tout \u00e7a? <\/p>\n<p>J&#8217;ai l&#8217;impression de ne pas avoir assez d&#8217;espace en moi pour ressentir tant de peine. Je manque d&#8217;espace pour storer toutes mes questions, mes souvenirs, et la v\u00e9rit\u00e9, c&#8217;est que je refuse d&#8217;avoir \u00e0 te dire au revoir. J&#8217;ai beau avoir eu le temps de m&#8217;y pr\u00e9parer, mon corps et mon coeur disent non. <\/p>\n<p>Je sais qu&#8217;il faut que j&#8217;apprenne ce que notre culture se refuse \u00e0 accepter, ce que ma culture ne m&#8217;a pas transmis :<\/p>\n<p>qu&#8217;il faut savoir mourir,<br \/>\nqu&#8217;il faut savoir laisser mourir,<br \/>\nqu&#8217;il faut c\u00e9l\u00e9brer le d\u00e9part de ceux qu&#8217;on aime, c\u00e9l\u00e9brer ta naissance dans un autre monde, une r\u00e9alit\u00e9 qui nous est encore incompr\u00e9hensible.<\/p>\n<p>Vivre et laisser vivre. Vivre et laisser mourir.<\/p>\n<p>Apprendre tout \u00e7a, accepter tout \u00e7a, malgr\u00e9 moi.<\/p>\n<p>Accepter de te laisser partir, avec tout ce que tu apporteras avec toi de l&#8217;autre cot\u00e9. Faire face \u00e0 l&#8217;espace devant moi, le reste de nos vies, sans toi.<\/p>\n<p>Pars, mais en m\u00eame temps reste, pr\u00e8s de moi, pas trop loins. <\/p>\n<p>Fait moi signe. Dis moi c&#8217;est comment de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9. Laisse pas le silence prendre toute la place. Ne me laisse pas seule face aux myst\u00e8res de la vie, de l&#8217;univers. <\/p>\n<p>Pense \u00e0 moi qui essaierai de vivre pleinement, la t\u00eate remplie de questions.<\/p>\n<p>Pense \u00e0 moi. Guide moi d&#8217;o\u00f9 tu seras.<\/p>\n<p>Je ne t&#8217;oublierai pas. Jamais.<\/p>\n<p>Je t&#8217;aime.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>10 ao\u00fbt 2013. F\u00eate de papa. Je me sens incapable d&#8217;exprimer tout ce qui se passe entre mes deux oreilles. L&#8217;intensit\u00e9 de certaines exp\u00e9riences, le cancer de papa et son d\u00e9part qui, au yeux de la m\u00e9decine et de ses limites, est apparamment imminent, est telle que les mots me semblent inutiles. Depuis des jours,&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/2013\/08\/10\/une-epaisse-tranche-de-vie\/\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Une \u00e9paisse tranche de vie<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5780,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[142,140],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5695"}],"collection":[{"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5695"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5695\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7915,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5695\/revisions\/7915"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5695"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5695"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mcturgeon.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5695"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}